Rénovation d’un appartement de style dans le 1er arrondissement de Lyon

Voyage imminent au cœur du 1er arrondissement. Cachet de l’ancien, touche de modernité, le tout mêlé à une multitude d’objets venus de tous horizons… tel est le fil conducteur de l’appartement d’Hélène et Patrick.

Entre les mains de l’architecte Marie-Anne Chapel, cette surface de 60m2 a su affirmer son caractère distinctif. Résultat unique.

Du sol…

Cet appartement, tout proche de la place des Terreaux n’aspirer qu’à une chose trouver sa voie… avec une esthétique plus travaillée. Laisser dans son jus depuis les années 90, cet immeuble du XVIIème siècle avait besoin d’un regard neuf et salvateur ! A la demande d’Hélène, Marie-Anne Chapel a su apprivoiser les volumes. Lors de sa première visite, le seuil à peine franchi, l’architecte a su conseiller notre hôtesse et anticiper les atouts charme, dissimulés derrière des faux-plafonds désuets et un carrelage… elle préfère ne pas y repenser : « Il a réellement fallu se projeter dans cet appartement à la décoration si… particulière », se remémore Marie-Anne.

La première étape indispensable a été : « de remettre entièrement à nu le plateau, pour mieux l’appréhender, en conservant les surprises qui se sont peu à peu révélées : le plafond à la française, le parquet bi-essence, chêne-noyer point de Hongrie. avec un travail de réfection d’orfèvre. » En effet, malgré sa préservation d’un usage quotidien, ce parquet, fortement estampé par les aléas du temps et même disloqué, a fait l’objet d’un réel défi :lui redonner son âme d’antan. C’est donc dans un souci d’équilibre que de fins joints en Wengé ont été intégrés. Cette addition de teinte plus foncée donne aujourd’hui une empreinte hors du commun au revêtement.

Dans la continuité de cette rénovation, les pierres d’origines, situées à l’emplacement de l’ancienne cheminée, ont également été conservées. C’était une véritable volonté de la part de l’architecte. « C’est un peu comme la carte d’identité du lieu, cela me paraissait donc indispensable de les mettre en valeur », confie Marie-Anne Chapel. Une fois restauré, l’aspect froid des pierres joue le parfait contraste avec la chaleur du bois. Le parquet n’a pas été conservé dans toutes les pièces. Notamment pour des questions d’hygiène, mais également dans le but d’alimenter les pièces manquantes de la partie jour.

La cuisine et la salle de bains ont laissé le champ libre à la modernité matérialisée par du béton ciré. Un aspect pierre coulée impulse une touche originale, contrastant avec le revêtement bois, tout en insufflant une sensation d’harmonie.

Au plafond…

A présent, levons la tête… Une hauteur de plafond de 2m50 ? « Impensable ! L’appartement n’avait pas encore révélé toutes ses cartes. Effectivement, c’est en détruisant le faux-plafond qu’un second a émergé à plus de 3 mètres, à la française ! » souligne Marie-Anne. Une structure aux poutres apparentes pratiquement intacte. Elle avait été recouverte d’une peinture à base de plomb, certes peu écologique, mais très efficace pour sa préservation notamment contre les insectes xylophages. Même si ces poutres avaient à peine subi les affres du temps, elles n’ont pas été conservées dans l’ensemble de l’appartement.

A l’instar de l’espace nuit où un plafond phonique a été sciemment installé. La volonté première : recréer une pièce moins haute, forte d’une ambiance plus douce afin que les propriétaires puissent se retrouver dans un cadre plus cocooning.

Pour le bureau, l’architecte a opté pour une ligne déstructurée et élégante afin de laisser la place nécessaire à l’ouverture des immenses fenêtres. Au sein de la cuisine, le faux-plafond a été l’allié d’une esthétique plus épurée, dissimulant les fluides et gaines techniques.

Des trésors dans tous les recoins

Problématique la plus importante : la circulation. Disposée à une extrémité de l’appartement, l’entrée s’est révélée peu pratique. Afin d’optimiser les 60 m2 à bon escient et de donner ainsi à chaque volume une fonction clairement définie, Marie-Anne a pris le parti de disposer la cuisine en lieu et place du hall d’entrée. Une astuce qui a teinté comme une évidence : « cette disposition optimisée permet aux propriétaires d’entrer directement dans le vif du sujet, balayant les espaces inutiles », explique Marie-Anne Chapel.

Mais cet appartement a aussi ses avantages. Bien que complexes à valoriser, ses six puits de lumière ont été utilisés intelligemment afin que chaque volume ait droit à sa part de clarté. Ainsi les pièces de jour sont bercées par une luminosité généreuse, côté rue, tandis que le coin nuit, plus feutré, hérite d’un regard direct sur une petite impasse : « Cette distribution était la plus logique. C’est dépaysant et reposant pour une chambre. Un coup d’oeil par le vitrage et nous avons l’impression d’être à Florence ! » ajoute enjouée Marie-Anne Chapel.

Le chemin entre l’espace jour et nuit passe par un dressing linéaire entièrement ouvert. Un choix pratique mais surtout réfléchi. En effet, si aucune porte et rideau n’ont été installés, c’est uniquement dans un but de faire vivre l’appartement. Lorsqu’on lève les yeux pour voir l’étendue de ce dressing, nous découvrons une suspension unique et originale. « Il fallait trouver une solution qui sorte de l’ordinaire. Hors de question d’insérer des goulottes sur un plafond à la française ! », déclare Marie-Anne Chapel.

Le couloir distribue ingénieusement la salle de bains. Dans cette pièce, nous retrouvons toute l’ingéniosité de Marie-Anne et sa manière bien à elle de bousculer les codes, matérialisée par des revêtements muraux et sols – et ce même dans la douche – en Trespa®, à l’origine destinés aux façades architecturales.

Les panneaux ont été volontairement utilisés hors de leur fonction première : « je suis adepte des surfaces lisses, libérées des joints quadrillant les espaces », explique Marie-Anne Chapel. Ces panneaux sont une parfaite alternative, tant par leur étanchéité, leur pérennité, que leur facilité d’entretien. Ils donnent une ambiance résolument contemporaine et légère à la pièce. Ils participent également à la résistance du dressing et s’illustrent en appui de fenêtres ou encore en tant que portes coulissantes : « l’éloge du blanc et du noir mêlé à une utilisation défiant le temps, c’est là tout l’intérêt. »

C’est après avoir parcouru le parquet à l’ancienne, les sols en béton et les pierres d’origine, que l’on peut découvrir, de pièce en pièce, une décoration unique. Des objets des années 50, 80, ou chinés au gré des voyages de nos hôtes. Tous pour le moins différents mais créant une atmosphère singulière aux accents « cavernes d’Ali Baba ». De la chaise signée Charles Eames reprenant le dessin du designer, aux meubles de rangement USM Haller ou à une colonne sculpturale venue tout droit d’un établissement religieux du 18ème siècle, en passant par une peau de zèbre ramené d’Afrique, cet appartement est l’expression d’une narration intemporelle…

 

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Texte Charline Bakowski – Photographe Frenchie Cristogatin.

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