Auditorium de Lyon, béton monolithe

Inauguré la même année que le centre commercial de la Part-Dieu, le 14 février 1975, l’Auditorium de Lyon compte parmi ces bâtiments qui ont suscité de vives réactions positives ou négatives. Parmi ces contemporains de l’époque, la bibliothèque ou encore la Tour Part-Dieu, garants d’un chantier titanesque de rénovation urbaine des années 70.

Auditorium de Lyon en novembre 1973
Auditorium de Lyon en 1973

Qualifiée selon les humeurs d’ovni, de tank, de coquille Saint-Jacques, son architecture s’illustre pourtant dans l‘innovation et la prouesse technique. Charles Delfante, lui-même, posera un regard sévère sur le monolithe : « Pour moi la Grande Architecture, celle qui peut faire partie du patrimoine, doit provoquer immédiatement, outre une émotion, un véritable coup de poing à l’estomac qui vous bloque le souffle ! À l’évidence, mise à part les barres d’habitation de Zumbrunnen qui peuvent faire cet effet, aucune autre architecture ne peut être qualifiée de grande. Au delà, je qualifierai de « propre » l’auditorium dans sa place arborée. De même, la Tour Signal présente un certain intérêt mais ne peut être qualifiée de « Grande Architecture »*

40 000 tonnes de béton, 830 tonnes d’acier

C’est la première salle de France s’affranchissant de piliers grâce à l’utilisation de béton précontraint. Soit une voûte de 4 000 m2 de surface couverte et 6 000 m2 de surface développée, avec des façades qui soutiennent le premier et le deuxième balcon, sans qu’un seul poteau ne vienne heurter le regard !

Aujourd’hui il est le fleuron d’un ensemble de bâtiments qui font partie du « décor », que la ville de Lyon souhaite revaloriser, via le projet « Réinventer Lyon Part-Dieu », mené par la Société Publique Locale Lyon Part Dieu (SPL). À l’instar du Parc « Les Halles » (1970) qui entrera dans le XXIème siècle avec un rooftop, imaginé par Mengzhi Zheng, l’architecte William Wilmotte et la paysagiste Anne-Laure Giroud.

Auditorium de Lyon
Auditorium de Lyon

Oui dans ce quartier en pleine mutation, ils seront considérés avec tout le respect dû à leur dimension patrimoniale, liant les époques. Labellisé Patrimoine du XXème siècle en 2012, l’Auditorium commence à renaître, en prise avec son temps. Pour Denis Bretin, secrétaire général aux côtés du directeur Jean-Marc Bador depuis 2 ans et passionné par cet univers, pose un regard sensible sur cette architecture massive : « Il faut composer avec l’existant et le valoriser. L’Auditorium fait partie d’un site patrimonial élogieux, bâti sur des anciennes casernes de pompiers. À l’époque, l’ingenierie déployée est aussi importante que la forme elle-même.

Le bâtiment a été imaginé autour de la salle. En ce lieu, on ressent bien ce désir de mettre en application une technique de construction. On est à l’époque post Malraux, avec ces grands temples de la culture qui émergent. Qu’une ville comme Lyon se dote de la plus grande salle dédiée au son symphonique de France était un événement considérable. Un luxe détrôné seulement en 2004 par le Philharmonie de Paris. »

Auditorium de Lyon
Auditorium de Lyon

Entre 1993 et 2002, une campagne de rénovation améliore l’acoustique, sous-estimée lors de sa construction. « Aujourd’hui, il reste beaucoup à accomplir en matière de restauration. La place Charles de Gaulle conçue en lien direct avec le bâtiment ou encore la salle Proton de la Chapelle… Dans cette veine, nous avons souhaité renouer avec la vision d’ensemblier des architectes, qui ont soigné le détail jusqu’au mobilier.

Dans mon bureau, j’ai même retrouvé deux chaises de Pierre Paulin. Nous avons donc fait appel à la grande maison RBC pour nous réconcilier avec cette culture du design. Un partenariat rehaussé par la présence de la marque Vitra. Le mobilier sobre et élégant ne vient pas perturber la lecture du bâtiment mais lui redonne immédiatement une prestance. Il redessine l’espace, à l’instar du petit salon Maurice Ravel ou encore des loges. »

Avec un code graphique plus actuel, insufflé par l’illustrateur Vincent Mahé, l’Auditorium ne s’inscrit plus seulement dans sa ville natale, mais ouvre son horizon jusqu’à New-York, Détroit et même au Japon, là où l’orchestre vient de clore une tournée de 7 concerts dans les salles les plus prestigieuses. « En cinq saisons, nous sommes passés de 160 000 spectateurs à 250 000. Nous accueillons de grandes phalanges internationales qui composent avec l’orchestre, une très belle programmation. C’est un lieu que je vous invite à redécouvrir, pour toutes ses dimensions culturelles. »

Architecte : Charles Delfante, urbaniste et architecte en chef de la Part-Dieu / Henri Pottier, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, grand prix de Rome / Bernard Caille et Jacques Rechsteiner, maîtres d’œuvre / Jean-Thierry Bloch, ingénieur structure
Superficie : volume global  de 30 000 m3 – salle de 2 150 places
Date de livraison : 1975 après 3 ans de travaux sous le maire Louis Pradel
Lieu : Quartier Part-Dieu – Lyon 3ème
Destination : Auditorium Maurice-Ravel – Lieu d’accueil et de travail de l’Orchestre National de Lyon – 104 musiciens
dont le chef d’orchestre Leonard Slatkin

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