Exposition : Hans-Walter Müller – La vie à l’œuvre

L’an dernier, Hans-Walter Müller fêtait un demi-siècle tout rond de créations en volumes gonflables. Poète dans l’âme, le CAUE Rhône Métropole a attendu les harmonieuses rotondités du millésime 2018 pour célébrer l’œuvre de cet architecte bâtissant avec de l’air…

Une démarche originale

« La Bulle d'accueil » Le Centre Humanitaire Paris-Nord Emmaüs Solidarité, 1996 ©Hans-Walter Müller
« La Bulle d’accueil » Le Centre Humanitaire Paris-Nord Emmaüs Solidarité, 1996 ©Hans-Walter Müller

Vous pensez que l’architecture contemporaine est un désespérant assemblage d’ego et/ou de Lego ? Bondissez au CAUE découvrir le génie généreux de Hans-Walter Müller ! Depuis 1967, ce natif de Worms (Allemagne) sape les fondements de « l’architecture en dur » grâce à des créations défiant la pesanteur et le temps à rebours de ses consœurs et confrères. Loin de chercher à s’inscrire lui-même dans l’éternité des siècles par des bâtiments monumentaux, Müller dompte l’immatériel, l’intangible, le volatile par un procédé littéralement soufflant : des structures gonflables tendues par de l’air sous pression. Immédiates d’accès, souples d’utilisation, modulaires mais aussi — surtout — conscientes de leur caractère éphémère, elles induisent une approche nouvelle dans l’acte d’habiter un lieu. Voire de l’habiller : Müller s’assimile en effet volontiers à un « couturier » dans la mesure où il travaille des toiles.

Un artiste polyvalent

Portrait de Hans-Walter Müller. Volume Zegg, Berlin, 1994 ©Marie-France Vesperini
Portrait de Hans-Walter Müller. Volume Zegg, Berlin, 1994 ©Marie-France Vesperini

Müller emprunte également au compositeur, l’art du contrepoint lorsqu’il installe temporairement ses réalisations à proximité de constructions du passé ou du présent afin d’en souligner les sensationnelles singularités. En cela, il rappelle les interventions in situ de Cristo et Jeanne-Claude révélant au regard du passant ce que l’habitude lui occulte. Que Hans-Walter ait des manières d’enchanteur du quotidien ne doit rien au hasard : avant de se tourner vers l’architecture, l’homme fut prestidigitateur, puis artiste au sein du courant cinétique. C’est à l’exposition Lumière et Mouvement (1967) au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, qu’il présente sa première structure gonflable : une sphère dans laquelle on peut s’installer pour assister à des projections. Son succès ouvre une brèche, et Müller conçoit des gonflables protéiformes : une église pour 200 personnes à Montigny-lès-Cormeilles (1969), un théâtre de verdure pour la Fondation Maeght (1970), l’atelier de Jean Dubuffet (1971) et des décors (des « volumes ») pour Maurice Béjart, pour les Français, pour des musées, des manifestations olympiques, des villes du monde entier…

Müller, l’humaniste

Cathédrale d'Images, au Baux-de-Provence. Durant plusieurs années Hans-Walter Müller et Marie-France Vesperini ont œuvré à la réalisation de nombreuses topoprojections sur différents thèmes pour donner vie à la Cathédrale d'Images, carrière située aux Baux-de-Provence. On doit à Albert Plécy et Hans-Walter Müller l'invention de l'exploitation de ce lieu à des fins de parcours habillés d'images en mouvement ©Marie-France Vesperini
Cathédrale d’Images, au Baux-de-Provence. Durant plusieurs années Hans-Walter Müller et Marie-France Vesperini ont œuvré à la réalisation de nombreuses topoprojections sur différents thèmes pour donner vie à la Cathédrale d’Images, carrière située aux Baux-de-Provence. On doit à Albert Plécy et Hans-Walter Müller l’invention de l’exploitation de ce lieu à des fins de parcours habillés d’images en mouvement ©Marie-France Vesperini

Vivant lui-même depuis 1971 dans une de ces structures, Müller a eu le loisir d’en éprouver le confort. Il a également développé tout un discours théorique sur leurs avantages dans certaines situations critiques. Discours que cet humaniste a régulièrement mis en pratique en distribuant des gonflables à des SDF en 1975 ou en concevant en 2016 le dôme d’accueil du Centre humanitaire d’accueil pour réfugiés de la Porte de la Chapelle (Paris)… en insistant sur la dimension esthétique, « même si les réfugiés ont d’autres soucis ». On le comprend : accorder le droit à la beauté, c’est déjà restaurer la dignité.

Informations pratiques

Les Baux-de-Provence ©Marie-France Vesperini
Les Baux-de-Provence ©Marie-France Vesperini

Hans-Walter Müller // La vie à l’œuvre
Exposition du 9 janvier au 31 mars au CAUE Rhône Métropole – 6 bis, quai Saint-Vincent – Lyon 1er (entrée côté place)
04 72 07 44 55 – www.caue69.fr
Rencontre publique « Révéler les lieux, Architectures mobiles et éphémères », jeudi 8 mars à 18h à l’École nationale supérieure d’architecture de Lyon – Vaulx-en-Velin (entrée gratuite sur inscription auprès du CAUE Rhône Métropole b.cenci-cohen@caue69.fr)

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